Exposition au KALIF (2)
« MA seule drogue, c’est l'amour . La vie et l'amour de la vie. » Voilà comment Philippe Argentin explique cette silhouette qui n'avoue pas 62 années portées comme un charme. Né à Fécamp, élevé au Havre, c'est dans cette ville qu'il subira le choc culturel qui marquera à jamais sa vie de créateur.
« Mon père m'a emmené à la Maison de la culture. J'ai compris que l'accès à la culture devait être libre et gratuit. Le contraire d'une place à 100 euros pour un concert au Zénith. » Plus rien ne sera alors comme avant. « A l'école, je peignais pendant les cours. Voilà comment j'ai exposé en 1962, au salon d'automne, à la galerie Hamo
n. » Entre Soulages et Malevitch, Philippe Argentin cherche encore sa voie.
Son autre voix, il la trouve en s'accompagnant avec la guitare qu'il a lui-même fabriquée. « Je la branchais sur un poste de radio en guise d'ampli. On croisait Little Bob et son jeune groupe. Lui a continué. Moi, il était préférable que j'arrête. »
Durant tout le mois de mai, il s'installe au Kalif. Depuis le début de l'année, le studio où répètent 700 musiciens propose à ses adhérents des expositions. Celle-ci s'intitule Partitions II. La précédente série, Chaos, l'avait laissé assommé, épuisé, exténué. La filiation avec le peintre havrais Jean Dubuffet se devine encore dans ses toiles. « Il m'a offert un de ses livres, tiré à 30 exemplaires. Un jour, j'ai été contraint de le vendre. C'en ai tiré 10.000 francs. J'étais gêné de le faire mais Dubuffet m'a dit : vends-le, l'art ça sert à Aujourd'hui, Argatti - c'est son nom d'artiste - aligne des dizaines d'expositions et quelque 3.000 oeuvres personnelles : sculpture, sérigraphie, lithographie, eau-forte...
Son combat pour l'accès le plus large à la culture et donc à l'instruction, Philippe Argenti le défend au sein de l'association laïque Place publique.